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DRAG-CHUTE : Comment l'utiliser ?

(Document de la Commission Formation Delta et Direction Technique Nationale 11/2002)

Pour les deltas et rigides, le drag-chute est un moyen merveilleux de diminuer sa finesse, de la rendre variable et ainsi de favoriser le posé. Il demande cependant le respect de règles simples mais impératives si on ne veut pas mettre en péril son intégrité physique.

Le drag-chute ne réduit pas la vitesse d’atterrissage mais divise la finesse par deux à 50 km/h, rendant plus sécuritaire la construction de l’approche, notamment sur les petits terrains. Aujourd’hui, même les meilleurs pilotes n’hésitent pas à l’utiliser. Il serait dommage d’ignorer cet outil qui peut apporter sécurité et tranquillité lors des posés en campagne. Une utilisation régulière du drag-chute est la garantie d'ètre parfaitement à l'aise le jour où vous choisirez de l’utiliser pour rentrer dans un petit terrain ou pour affronter des turbulences près du sol. Mais une certaine rigueur doit être associée à cette utilisation. Le non respect de règles de base peut entraîner des risques. Suite à une série d’accidents et incidents engendrés par une mauvaise utilisation du drag-chute, voici quelques conseils d'utilisation préconisés par l’ensemble des écoles de delta.

1) Le matériel

L’ensemble émerillon / corde de liaison / drag-chute doit permettre au drag-chute ouvert de se placer entre les pieds du harnais et le bout de la quille. Le drag-chute ne doit ni pouvoir s’enrouler autour de la quille (dans ce cas vous vous retrouveriez attaché à votre quille et dans l’impossibilité de pouvoir tirer), ni se retrouver trop près du harnais (dans ce cas il risquerait d’être rendu instable par les écoulement parasite du harnais). Le schéma ci-contre montre bien la position du drag-chute.

Le drag-chute doit être équipé d’un élément pour l'attraper : boule, morceau de tube… C'est important, car tenir le drag-chute par son tissu est peu fiable.

Certains anciens modèles ou modèles usagés ont tendance à se mettre en rotation et à perdre rapidement de leur efficacité (surtout les modèles sans émerillon). Aujourd’hui l’ensemble des drag-chute vendus sur le marché présente de bonne qualité de fiabilité et de stabilité.

Le pliage : ce n’est pas parce que c’est un drag-chute qu’il ne faut pas s’appliquer lors de son pliage. Vous devez rechercher le 100% d’ouverture quand vous en avez besoin. La qualité et la minutie du pliage est une garantie supplémentaire.

2) Le conditionnement

La poche du drag-chute doit être sur la partie arrière du harnais, à porée de main et du côté opposé au parachute (si celui-ci est sur le côté).

Dans le cas de poche placée sur la partie avant du harnais, des ouvertures intempestives du drag-chute ont été répertoriées par frottement sur la barre de contrôle. De plus il serait dommage par inadvertance de se tromper de poignée de parachute…

L’accrochage doit être symétrique sur l’axe central de votre harnais (surtout avec les harnais modernes) et accroché le plus près possible du centre de gravité pilote + harnais (à la jonction de sangle principale) afin de ne pas perturber votre pilotage drag-chute ouvert par une composante de travers. En cas de non respect, il y a risque de torsion en position debout lors de la prise de vitesse. De nombreux harnais ne proposent pas cette solution ; c’est donc à vous d’effectuer les modifications nécessaires.

Un drag-chute positionné trop bas sur le harnais tire en arrière le pilote, dont le poussé devient moins efficace.

3) La préparation Mettez toutes les chances de votre côté !

Avant d’ouvrir le drag-chute vous devez vous assurer que vous allez rester en local de votre terrain d’atterrissage malgré la dégradation de vos performances drag-chute ouvert. Soyez conscient qu’une fois le drag-chute ouvert vous avez transformé irrémédiablement votre bête de course en delta-plouf… Avec le drag-chute, vous raccourcissez le plané, vous ne le rallongez pas !

Pour ne pas larguer le drag-chute devant le trapèze, pour avoir le temps de construire une approche correcte et d’adapter un nouveau plan de descente, l’ouverture du drag-chute est préconisée :

- en ligne droite ;

- à vitesse de croisière (en évitant donc les hautes vitesses qui sollicitent le parachute au moment de l’ouverture) ;

- à une altitude haute (150 m) ;

- avec une barre de contrôle plutôt en avant (mais pas en décrochage tout de même !).

4) La mise en œuvre

Les accidents les plus graves ont eu lieu en échappant le drag-chute devant le trapèze ou devant les câbles latéraux. Il est alors presque impossible de repousser la barre et plus vous prenez de la vitesse et plus le drag-chute vous entraîne vers cette prise de vitesse. Pour cette raison :

- lorsque vous sortez votre drag-chute, vous devez le jeter immédiatement et proprement bien derrière vous dans l’axe de la quille ;

- assurez-vous qu’il est bien ouvert afin d’adapter ou non votre pilotage et votre approche à son utilisation ;

- et évitez de le piloter à la main.

5) Le pilotage

Le drag-chute demande de la pratique. Il est primordial d’apprendre à s’en servir avant d’avoir à faire face à une situation d’urgence. Votre apprentissage aura donc lieu lors d’un vol d’entraînement. Ouvrez-le très haut et en choisissant un grand terrain d’atterrissage. Attendez-vous à ces quelques particularités :

- en vol droit : en fonction de votre vitesse l’action du drag-chute va être plus ou moins efficace. A la vitesse de finesse maximum (entre 40 et 50 km/h), la perte de finesse est modérée. Plus vous accélérez, plus la dégradation est sensible. Il est important de vous familiariser aux diverses finesses en fonction des vitesses choisies ;

- en virage : la perte d’altitude est beaucoup plus importante que d’habitude. Vous devez donc garder beaucoup de marge d’altitude avant de déclencher un virage

- en approche : à cause de la perte importante d’altitude en virage, présentez-vous en PT8 et PTS assez haut à l’avance ; vous gérerez ainsi des virage ne dépassant pas 180 degrés face à votre terrain. Vous comprendrez aisément qu’il est dangereux de faire une branche arrière de PTU trop basse, à cause du dernier virage vent arrière près du sol dans le gradient !

- en 360 degrés : une technique de descente rapide et sans trop de fatigue… Pour cela, faites des virages glissés en inclinant assez fortement — aux environs de 45 degrés — et en tirant sur la barre de contrôle en vous mettant à l’intérieur du trapèze. Vous pourrez atteindre les -5 à - 8 m/s. Ne pas oublier que si vous effectuez ce choix, c’est pour rejoindre un terrain avec votre drag-chute ouvert, normalement à la fin de votre vol…

Attention !

Dans le cas d’erreur d’appréciation de votre part, si vous vous faite surprendre par la proximité d’un gros cumulus, il est trés souvent préférable de vous éloigner d’une ascendance forte pour essayer de descendre dans une zone moins porteuse. Utilisez votre finesse et votre vitesse pour rejoindre cette zone avant d’envisager d’ouvrir ou pas votre drag-chute. Et essayez de ne jamais recommencer cette même erreur ! 

6) L’approche

L’atterrissage en delta avec un drag-chute suppose la coordination de plusieurs actions qui se résument ainsi :

- observation du terrain et des conditions aérologiques ;

- définition à priori d’un plan d’approche du terrain, et visualisation ;

- ouverture du harnais ;

- lancement du drag-chute (150 m sol) ;

- perte d’altitude ;

- alignement après passage obligatoire par un point d’entrée en finale ;

- mise en position debout ;

- prise de vitesse franche avec positionnement des mains permettant un pilotage effectif ;

- arrondi et palier (les pieds touchant légèrement l’herbe ou à 20/30 cm du sol) ;

- lorsque l’effort en tangage devient nul (position au neutre), on peut relever ses mains assez haut (au niveau des épaules)sur les montants et effectuer franchement le poussé final en se préparant à courir éventuellement quelques pas.

Attention !

En finale drag-chute ouvert, il arrive parfois de rester un moment couché sur la finale (haute) et de pouvoir utiliser toute la plage de vitesse les deux mains à la barre (ou une main au montant et l’autre à la barre) afin de régler une pente d'arrivée avec une très grande amplitude. La prise des montants ne se fait alors qu'après avoir ralenti afin de diminuer l'effort à tirer lors du déplacement des mains. Cette méthode permet des atterrissages sûrs en particulier dans des conditions turbulentes.

CND 2002

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